[Ciné] Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres

Volte-face

© Criticoo

Réalisé par : Guy Ritchie

Casting : Robert Downey Jr., Jude Law, Noomi Rapace

Résumé : Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… © Allocine

L’avis de MonsieurThomas :
Le premier Sherlock Holmes m’avait globalement laissé un bon souvenir : un film pêchu, drôle, où la science et la déduction de Holmes étaient confrontés au paranormal. Robert Downey Jr. saupoudrait le tout d’un petit grain de folie, et Jude Law de sa classe à l’anglaise.
Dans ce second opus, tout est passé au miroir grossissant : plus d’actions, plus de ralentis, plus de bravoure, plus de personnages… sauf que les « plus » finissent par desservir quelque peu l’ensemble.
Esthétiquement, rien à redire : les plans sont visuellement intéressants, la mise en scène tabasse, mais l’abus de « bullet-time » nuit cependant à la lisibilité de certaines séquences.
Les acteurs sont globalement excellents : Robert Downey Jr. est toujours habité par son personnage, Jude Law joue à merveille les acolytes exaspérés (« C’est mon voyage de noces ! »), Jared Harris donne vie à un professeur Moriarty glaçant et nous faisons même la connaissance du frère de Holmes, Mycroft, campé par Stephen Fry (vu notamment dans V pour Vendetta) et tout aussi jeté que son frangin.
La rivalité Holmes / Moriarty est bien rendue, et son apogée se joue lors d’une partie d’échecs en extérieur où chacun esaaye d’anticiper les mouvements de l’autre (sur et en dehors de l’échiquier). En dehors de ces personnages, Noomi Rapace joue une gitane complètement transparente, dont le rôle est d’ailleurs très loin d’être justifié et dont le jeu se trouve à des années lumières de son interprétation de Lisbeth Santander dans Millenium.
Je mettrai un bémol supplémentaire sur le scénario, pour peu que l’on puisse appeler ça un scénario : les scènes d’action s’enchaînent, on part de Londres vers Paris puis en Allemagne et enfin en Suisse, mais sans vraiment prendre le temps de se poser ou d’expliciter le pourquoi du comment… Mention spéciale à la scène d’ouverture (Holmes déguisé en chinois), où personnellement je n’ai pas vraiment compris qui faisait quoi, où, comment et dans quel but. Quelques ficelles scénaristiques se révèlent également un peu miteuses (la graphologie, la chirurgie…).
Sur les motivations de Holmes, enfin, je suis un peu déçu : il passe la plupart du film à deviner et anticiper ce qui pourrait se passer, au lieu de cogiter sur des éléments concrets, de mener une enquête et d’élaborer des théories (comme cela pouvait être le cas dans le premier opus). C’est un angle de traitement certes intéressant, on se rend bien compte de sa vitesse et de sa complexité d’analyse, mais ce n’est pas vraiment l’image que j’ai du personnage du célèbre détective.
La complexité de la relation Holmes / Watson est moins mise en avant que dans l’épisode précédent, même si l’enterrement de vie de garçon de Watson (et son arrivée à l’église) valent tout de même leur pesant de cacahuètes.
Au final Sherlock Holmes est un film d’action nerveux, esthétique et complexe. Loin d’être exempt de tout défaut, il comporte néanmoins son lot de scènes impressionnantes et très drôles. A ce titre, la balade à cheval est juste mythique. :)

L’avis de TheRuleMaker :
Robert Downey Junior est mon acteur préféré, donc si çà ne tenait qu’à moi j’aurais déjà décerné le prix de meilleur acteur. Heureusement pour vous, je ne suis que rule maker. En tous cas, Roby (Downey Jr) est l’incarnation parfaite de ce coté fou qu’il fallait à Sherlock Holmes. Mais ça ne suffit pas à transformer la suite de Sherlock Holmes en chef d’oeuvre. Le film est bon, drôle, et réussi, ce n’est pas la question.
ATTENTION, SPOILER.
Le film est la continuité du premier, sans nul doute. Mais si vous ne le regardez pas tous les trois jours, il y a des éléments qui vont manquer. On retrouve notre charmante voleuse et complice d’Holmes avec plaisir. On rentre directement dans le vif du sujet, et donc les non fans seront un peu perdus. On retrouve également Noomi Rapace, qui, soyons honnêtes, ne sert pas à grand chose dans le film. Sous couvert de chercher son frère, elle suivra le couple de détectives dans presque tout le film. Sa présence comme son histoire sont improbables, donc on oublie ça. Nous partons ensuite à Paris, via le train. Le voyage est une tranche de rire et d’adrénaline géniale. On voit là toute la puissance comique de Roby, mon acteur préféré si vous ne suivez pas. Cette partie parisienne est très bien construite, bien filmée, du grand art. On suit ensuite la fine équipe dans les montagnes, avec Sherlock Holmes sur un poney. Rien que cette scène vaut le détour, j’ai ri aux larmes. La partie allemande est trop, juste trop. Trop d’action, trop improbable. On suit la fuite dans les bois vissé au siège, mais … Non, trop… La fin avec la partie d’échecs est un succès de réalisation. Les deux ennemis qui jouent aux échecs, d’abord, puis se parlent sur la suite des événements, jusqu’à deviner qui fera quoi. C’était grandiose, vraiment bien réalisé. La toute fin amuse, mais là encore, impossible d’adhérer.
Bref, le succès vient essentiellement du duo d’acteurs Law – Downey Jr, avec de belles idées scénaristiques, mais bien trop brouillon et survitaminé pour être plausible. Si vous y allez en pensant le film comme du second degré, vous allez trouver çà génial. Si vous êtes un cartésien maladif, çà ne sera pas pour vous. En revanche, si vous voulez poser votre cerveau à l’entrée et vous p… dessus de rire, allez y sans hésiter. Vous y verrez toujours le couple Holmes – Watson dans une relation spéciale, tintée d’homosexualité qui ne dit pas son nom. Vous y rirez devant les gags en cascade, et vous serez d’humeur enjouée un jour ou deux.

L’avis de MangoCitrus :
En 2009 sortait Sherlock Holmes, revisité (et boosté) par Guy Ritchie : style hollywoodien, bastons au ralenti, déductions et gesticulations sous amphétamines du détective britannique, duo de choc et de charme grâce à Robert Downey Jr. et Jude Law, deux acteurs brillants, beaux, et agréablement comiques dans leurs joutes verbales ; reconnaissons-le, entre respect de l’écriture de Doyle et désir de plaire au plus grand nombre, ce cocktail détonnant prenait plutôt bien.
Presque 3 ans plus tard, on prend les mêmes et on recommence mais… en moins bien, beaucoup moins bien. La subtilité cède place au convenu, le scénario en fait des tonnes pour paraître intelligent mais tombe à plat, les dialogues paraissent téléphonés, la musique tambourine deux heures durant, les séquences s’enchaînent à cent à l’heure, de Strasbourg, Londres vers Paris puis la Suisse sans prendre le temps de poser une quelconque ambiance, le tout est confus, brouillon et surtout, sans charme.
Restent quelques passages rigolos et quelques trouvailles visuelles (la poursuite dans les bois à grands renforts de ralenti, par exemple). Et surtout Robert Downey Jr. et Jude Law, toujours impeccables, jouant intelligemment sur l’homosexualité latente de leur couple. De là à souhaiter un troisième volet, le gouffre est grand, trop grand…


Top :

  • Robert Downey Junior et Jude Law
  • la mise en scène de certaines séquences, visuellement splendides
  • les effets de ralenti …

Flop :

  • … peut-être en trop grand nombre
  • Noomi Rapace qui ne sert à rien, et qui a un regard bovin tout le long du film
  • scénario confus par moments

Notes :

  • TheRuleMaker : 8 / 10
  • MonsieurThomas : 7 / 10
  • MangoCitrus : 4.5 / 10
  • Moyenne VoxPopuleek : 6,5 / 10
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